Si quelqu'un comme le grand compositeur Dieter Ammann affirme que «The Nail» est la
popsong la plus touchante qui lui ait été donnée d'écouter ces dernières années, rien ne
nous force à le croire; cela devrait pourtant aiguiser notre curiosité et nous pousser à y
prêter une oreille attentive.
Le piano et la voix de tête définissent l'atmosphère dès le début du morceau. «The Nail»
figure à la fin du disque «Eigenbrot», enregistré live au Kofmehl de Soleure, dont les plages
précédentes nous invitent à de lointains voyages.
On peut digresser sur le style du Samuel Blatters Eigenbrot. Leur premier album est une
documentation de leur développement du Jazz dans une direction plus proche du songwriting
ou du rock. La basse, dynamique, les couleurs de cette instrumentation particulière, les
structures complexes et la liberté de jeu sont des éléments qui se réfèrent à l'histoire du
Jazz. Pourtant, leur musique est absolument unique, souvent surprenante et profondément
touchante.
Un auditeur expliquait après un concert, que pour lui la musique d'Eigenbrot sonnait comme
du chocolat noir; pas vraiment doux, pas vraiment amer, mais avec des ingrédients qui
donnent envie de poursuivre l'écoute encore, et encore...
Samuel Blatter est un jeune compositeur et songwriter de Soleure. Sa voix est originale et
expressive, son jeu de piano oscille entre minimalisme et explosivité. Pour son band, il a
trouvé des musiciens suisses qui le complètent parfaitement. Tobias Meier et Matthias
Tschopp aux saxophones alto et baryton ont l'habilité de ne pas seulement jouer des solos
fantastiques, mais également de servir la musique. A la contrebasse, Claude Meier, dont les
influences vont du jazz au classique, du rock au hiphop. A la batterie, Reto Eisenring fait se
mélanger tous les éléments que l'on trouve dans Samuel Blatters Eigenbrot.