On retrouve bien dans KUMA le fumet des deux marmites dans lesquelles leur musique a mijoté : La résidence du festival Cully Jazz Festival et les Blakat Jam Sessions du Chat Noir de Carouge. Dans la première, où le groupe s’est constitué au fil des ans (depuis 2012), le public se pressait les soirs de festival pour assister à leurs intenses et joyeuses expérimentations jazz-funk. Dans la seconde, le collectif additionné d’une section cuivre se transforme en cover-band de luxe, consacrant chaque soirée à un artiste soul / funk particulier. Dans les deux cas, la virtuosité de ces musiciens d’exception n’oublie jamais l’auditeur, elle reste toujours au service du groove, du plaisir de partager.
C’est la même exigence qui habite Matthieu Llodra (claviers) et Arthur Donnot (saxophone) sur l’écriture de la musique de KUMA. La batterie de Maxence Sibille et la basse de Fabien Iannone, tout en sobriété, déclinent une palette de sonorités et de grooves qui brouillent les pistes entre jeu et programmation, entre acoustique et électronique. Les thèmes deviennent des boucles, dans une écriture jazz qui a métabolisé la culture du sample. A l’instar des musiciens des années 70-80, qui faisaient fusionner la rigueur de la musique savante afro-américaine avec les tendances populaires, Llodra et Donnot ont grandi avec le hip-hop, les clubs house et la techno. Ils appartiennent à cette génération qui réinvente ainsi naturellement une sorte de smooth-jazz codé au XXIe siècle.